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ma vie est un roman comme les autres - Page 3

  • A propos de ma vie psy...

    Bon.

    J'ai fait un test sur internet pour savoir si j'étais atteinte de trouble de la personnalité borderline.

    Apparemment non. 

    Enfin pas loin.

    J'ai eu 5 critères sur 9 quand même. Mais ce qui semble me "sauver" est que l'ensemble des troubles du comportement n'était pas décelable à l'adolescence/début de l'âge adulte.

    Le 5è critère que j'ai coché, ainsi que le premier, c'est à peu près sûr que ce n'était pas présent. C'est venu avec le temps.

    Donc peut-être que j'ai maintenant un comportement borderline ou je sais pas, mais ce n'est pas un trouble de la personnalité. Ce qui me semble plutôt rassurant dans le sens où il y a quelque chose de "réversible". Mais bon de toute façon je n'ai pas regardé les traitements.

    Le test, différent mais sur internet aussi, que j'avais fait il y a un peu plus longtemps pour autiste/syndrôme d'asperger, indiquait par contre que j'avais de fortes probabilités.

    En théorie, ça n'intéresse que peu le lecteur.

    Et donc en pratique, je note vraiment ça là dans l'idée de le retrouver pour mémoire (il faudrait créer un test pour savoir si on a Alzheimer, ahah...jme comprends avec mon humour hum..).

    "Mon contexte corporel", c'est la rubrique santé en gros. Donc je range la note dans ce coin là.

    Ah! Et l'idée de faire ce test c'est parce que j'ai regardé une série dont l'héroïne a été diagnostiquée borderline, mais je veux pas spoilé. Juste me souvenir de pourquoi j'ai eu l'idée de faire ce test si on me pose la question.

    Toi, ou moi, ou celui ou celle qui lit, prend soin de ton contexte corporel (ça influe sur ta fiction).

  • A propos de Spq (suite)

    Bon je pense que c'est pas la peine de le recontacter vu le message que je lui ai envoyé, qu'il a essayé de m'appeler 40 fois, que j'ai volontairement pas répondu (c'est mal, je suis une connasse), et que bref je détaille pas mais j'ai vraiment été le modèle de meuf que je pensais pas que ça existait.

    Annonce: De est en mutation!!!

    Mutation de quoi, en quoi? Nsp.

     

    J'aurais pu au moins genre l'écouter.

    Ou en savoir plus sur ce qui à l'époque m'était resté dans un coin du cerveau mais je m'en foutais: la mention "je suis avec quelqu'un et j'ai deux enfants"...

    Il se trouve que c'est resté dans un coin de mon cerveau, alors que je pourrais tout aussi bien m'en foutre!

    Mais ça bloque et ça se répète en boucle vers mes oreilles.

    Ou alors c'est moi qui bloque sur l'incompréhension que j'ai à voir tous ces mecs PRIS, qui cherchent de la vie ailleurs, alors qu'ils ont ce qu'il faut à la maison.

     

    Chabada, Spq, Le Marin, ...ça en fait déjà trois.

    J'ai failli envoyer un sms à Spq pour lui dire que s'il avait déjà acheté une bouteille il pourrait la boire avec sa compagne!..Mais non.

    J'ai réfléchi et je me suis dit que si ça se trouve ils sont en couple "libres" et ils font ce qu'ils veulent, ou alors elle l'a trompé et c'est une âme blessée qui se venge un peu, ou alors il en a marre d'elle et essaye de tâter le terrain ailleurs...J'en saurai rien puisque je me suis auto-coupée l'occasion d'en discuter avec lui...Peut-être que ses "motivations" (à part me trouver "charmante"..) auraient changé mon envie de le voir...?

    Mais quand je vois l'exemple de Marin et Chabada je n'arrive pas à m'y faire. (et l'autre nain aussi, qui date de 4-5 ans..)

    Encore que Chabada c'est différent..

    Mais en gros c'est juste des mecs qui veulent le beurre et l'argent du beurre...et je ne peux pas m'empêcher de penser à leur "compagne", qui manquent cruellement d'attention et de séduction chez elles...Me dire que ça pourrait être moi.

    Ou manquent pas. J'en sais rien. 

    J'avoue ma première relation sérieuse avec un homme ne m'empêchait pas d'avoir envie de vivre d'autres choses ailleurs...Mais c'est complètement con, non?

    Crois que j'ai pas envie d'être l'objet-jouet d'incertitude(s).

     

     

  • Je suis allée à une audition Disney!

    Soit mes lecteurs intéressés posent des questions et je réponds, soit je raconte tout dans un prochain billet.

     

     

     

  • Sexy pq

    Sexy pq=Sexy potentiel Plan cul.

    Déjà évoqué rapidement .

    A chaque fois que je lui dit que je vais être dispo, je tombe malade ou il m'arrive un truc...

    Là je lui ai pas répondu pour jeudi. Semaine dans le rouge (enfin je veux dire "les anglais ont débarqués").

    Et sinon, mon idée était de croiser Jeune Berger mais là je me sens comme une fille qui a ses règles: déprimée, fatiquée, mal au ventre et au dos...presque malade quoi. 

    Pareil j'avais annoncé pour la deuxième fois que je venais, et me suis désistée. Sauf que cette fois ci j'ai même pas prévenu...

    PRRROOUUT!!!

    C'EST PAS GAGNE LA RUBRIQUE MECS HEIN!

    Plus tard, je vous parlerais de Pierrot le fou vraiment et contre toute attente fou.

  • Fake!

    Aujourd'hui, j'ai fait quelque chose qu'il me semble bien que je crois que c'est illégal que que que...voilà.

    Je sais pas si c'est une bonne idée de développer ça sur un blog.

    Illégal mais beaucoup pratiqué.

    Mais là je me suis transformée de chômeuse petits revenus en CDI qui gagne trois un loyer pour un studio au centre de Paris avec parquets, poutres apparentes, baignoire, branchement lave linge, etc...

    C'est mal.

    D'ailleurs, je ne voulais pas faire ça, jusqu'à ce que la dame gentille au téléphone mentionne l'air de rien (genre elle aurait pas le dire avant ou dans l'annonce) la GLI!...Louche ça...Les agences précisent toujours dans l'annonce quand y a GLI.

    Bref.

    Mon faux dossier est presque bien, sauf que mon contrat passe de l'article 10 à l'article 15 comme ça, genre oups il manque 4 paragraphes dans mon CDI, mais où sont-ils?

    La prochaine fois qu'un agent immobilier me demande mon métier, je répondrai que je suis apprentie faussaire...

    Prout. 

    Mélange de fierté et de honte.

    Si mon père avait été vivant et avait su ça, j'ose pas imaginer ce qu'il aurait dit!

     

  • A propos de Le Chauve

    Je médite. C'est Dimanche je médite.

    Enfin pas façon yoga et compagnie, juste je réfléchis en fait.

    D'ailleurs je vais me faire un chocolat chaud. Ca rime avec dimanche jour du repos.

     

    Le Chauve m'a quand même dit dans son dernier sms qu'il cherchait à être en couple, qu'il avait essayé de se projeter avec moi, et que ça ne le faisait pas.

    Sauf que moi, en le connaissant depuis deux trois semaines, j'en étais pas vraiment encore à être en couple, c'était juste un plan cul. Enfin même pas plan cul, je réfléchissais pas à ce qu'il se passait. Juste à profiter du bon moment qui se présente quand il se présente...Enfin niveau projection moi y avait rien!

    Mais donc. Je comprends pas bien la logique. S'il cherchait à être en couple, il aurait peut-être du faire plus attention à chercher à me connaitre, qu'à m'attirer dans ses draps, non?

    Nan mais en fait je crois qu'il a compris que je m'intéressais à lui que pour le cul et ça l'a vexé.

    Nan mais j'en sais rien je comprends rien aux mecs.

     

     

     

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  • A propos de jeune berger charmant mais trop jeune...

    Bon? En fait il n'est pas trop jeune...

    Je viens d'apprendre qu'il avait seulement trois ans de moins que moi (je pensais qu'il en avait dix de moins....).

    En revanche lui a appris que j'en avais six de plus que ce qu'il pensait, ce qui n'est pas tout à fait à mon avantage. D'autant plus que je fait partie de la tranche d'âge maudite chez les femmes pour démarrer une nouvelle relation (genre qui va plus être trop fertile dans pas longtemps et aura les seins qui tombent et la peau fripée dans pas longtemps aussi - genre qui était jeune mais passe dans la catégorie socio-vieux)...

    L'autre info est qu'il a quelqu'un en vue qui elle, cette espèce de pouffiasse que je ne connais pas, a dix ans de moins que moi!!!

     

    Bon et à part ça je pourrais peut-être faire une note séparée pour le chauve qui est rentré dans ma vie, mais il en est vite sorti donc vaut pas le coup...

     

    **********************************************************************************

    Il y a un problème pour trouver de la gente masculine potable à Paris ou c'est moi qui suis trop vieille? qui ai un problème?

     

     

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  • A propos de Chabada...

    Oui encore lui..ça faisait longtemps...Ben quand même il y a eu reprise de contact..Bon enfant même, je dirai...

     

    Concernant les autres protagonistes de la rubrique:

    - Gémeau Man, que j'adore, est un gros naze qui ne passera jamais à l'action,

    - Pierrot le Fou, est vraiment fou (je crois?),

    - Monsieur Marin est toujours un formidable amant,

    - Truc (il faut que je relise la catégorie "De trouvera-t-elle un mec qui n'existe pas que dans ses rêves?" pour me souvenir de son surnom ou si j'en ai parlé...donc pour l'instant c'est Truc..) serait parfait mais trop loin (mémo pour m'y retrouver moi: les yeux bleus, il est beau et est pote avec Gémeau Man depuis que je les avais présenté),

    - Un nouvel arrivant dans l'histoire, est pas mal, mais trop chauve, (appelons le, avec affection, Le Chauve)

    - Après c'est le bordel: Suggar Daddy + Jeune Berger trop beau et parfait et charmant mais trop jeune +Voisin sympa n°1+Le sexy potentiel plan cul (qui vit avec la mère de ses enfants), etc, etc...

    Ca en fait des choses à raconter, et des personnages masculins à développer, ahahéhéh!

    Plus tard, car dormir c'est bien aussi.

     

  • Oui, j'ai enlevé l'accès restreint...

    Bah oui, j'ai décidé que je m'en foutais!...

    Pendant que mon blog était accessible uniquement par mot de passe à une poignée de privilégiés, je devais faire le tri, histoire que ce blog soit un peu moins chiant et plus créatif, virer certains trucs dont tout le monde se fout, et en rajouter d'autres qui déboitent, refaire une beauté façon Cristina Cordula à l'objet...mais non...je suis une feignasse...donc voilà, c'est le blog tel qu'il est maintenant, brut et sans tri, à peu près comme l'indique le titre: j'écris ici ce que j'écris d'habitude sur des bouts de papier. Ou pas.

    Bon.

  • De - toujours aussi généreuse- vous offre un article à 2€...

    Juliette Binoche : « La femme est facilement moquée, ridiculisée, on a besoin de la diminuer »

    L’actrice a collaboré plusieurs fois avec Harvey Weinstein, accusé de harcèlement sexuel et de viols. Elle témoigne dans un entretien exclusif au « Monde ».

    LE MONDE | • Mis à jour le | Propos recueillis par Franck Nouchi (Médiateur du Monde)

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    Plusieurs des films qui ont contribué à la consécration internationale de Juliette Binoche étaient produits par Harvey Weinstein. Ainsi, Le Patient anglais, un film d’Anthony Minghella pour lequel l’actrice française a obtenu, en 1997, l’Oscar de la meilleure actrice dans un second rôle. Ou encore Le Chocolat, de Lasse Hallström, qui a valu à Juliette Binoche d’être nommée, en 2001, à l’Oscar de la meilleure actrice. Pour Le Monde, elle a accepté de sortir du silence qu’elle s’impose depuis que l’affaire Weinstein a éclaté.

    Vous qui connaissez bien Harvey Weinstein, avez-vous été surprise à la lecture des enquêtes récentes qui l’accusent d’être un prédateur sexuel ?

    Etant par monts et par vaux, je n’ai pas lu grand-chose, si ce n’est, un peu, ce que certaines actrices ont déclaré. Et je dois dire que j’ai été choquée par les faits les plus graves qui sont rapportés – à savoir que certaines d’entre elles accusent Harvey Weinstein de les avoir violées.

    Des facettes d’Harvey, j’en connais beaucoup, vu que j’ai travaillé avec lui à plusieurs reprises. Au tout début, quand je l’ai connu, il avait créé Miramax avec son frère et distribuait des films européens et étrangers importants aux Etats-Unis. C’est lui qui, par exemple, a fait connaître là-bas Krzysztof Kieslowski, Jane Campion, lui qui a distribué Les Amants du Pont-Neuf, de Leos Carax, sans toucher à son montage, contrairement à la réputation qui lui était faite.

    Il était, à cette époque, le seul distributeur américain que je connaissais qui avait un tel enthousiasme pour le cinéma d’auteur, le seul qui s’en donnait les moyens, car il y croyait. A l’époque, je ne me suis jamais sentie en danger avec lui, car je pense que j’étais déjà armée. La seule fois où j’ai entendu une insinuation sexuelle verbale de sa part, je ne l’ai pas prise au sérieux, j’ai répondu immédiatement par un revers de balle hors jeu.

    Vous en parlait-on comme d’un harceleur ?

    Je me souviens qu’une actrice m’en a fait part un jour.

    Mais il ne vous a pas harcelée…

    Personnellement, non. Mais je pense que j’ai eu assez tôt un sens du danger face aux circonstances que j’ai pu croiser dès l’enfance ou à mes débuts d’actrice. A 18 ans, un metteur en scène, pour me parler d’un nouveau projet, m’avait invitée à dîner. A la fin du repas, il m’a sauté dessus pour m’embrasser. Je l’ai repoussé immédiatement en lui disant : « Mais je suis amoureuse, j’ai un amoureux ! » Une autre fois à 21 ans, j’ai été invitée chez un producteur une heure avant un dîner organisé pour la fin d’un tournage, il s’est jeté sur moi sauvagement, j’ai dû le repousser pareillement.

    Instinctivement, je souhaitais être respectée dans mes sentiments et dans mon corps. Mon histoire personnelle m’y incitait. A l’âge de 7 ans (j’ai raconté cet épisode dans le magazine Elle), un maître s’est permis des attouchements sexuels, à la suite de quoi j’ai commencé à mettre des pantalons pour me protéger. Une copine m’a parlé de ce qu’il lui arrivait également et j’ai pu en parler à ma mère. Et puis ça s’est arrêté.

    Comme toutes les filles, j’ai fait mes classes, j’ai appris à me détourner, à me rebeller, à m’insurger face à l’impunité masculine. Finalement, ces batailles-là m’ont permis de me positionner et souvent, la rage n’était pas loin. Ce sont des blessures, certes, mais c’est aussi une chance d’avoir pu me structurer rapidement par l’expérience de ces épreuves, qui ne sont évidemment pas souhaitables. Mais parfois, malheureusement, tout le monde n’a pas cette repartie, et certaines situations peuvent devenir beaucoup plus destructrices.

    Lire aussi :   Harcèlement sexuel : la parole se libère

    Au cinéma, l’exercice du pouvoir est très particulier. Le producteur a un pouvoir, le metteur en scène a un pouvoir, l’acteur a un pouvoir. S’approcher de ces pouvoirs-là, c’est un peu comme des trous noirs dans l’espace, ils dégagent une énergie qu’il faut savoir décrypter, sentir, on peut tourner en orbite, mais gare à ne pas se laisser happer !

    Tout cela pour dire que quand j’ai travaillé avec Harvey Weinstein, je sentais qui j’avais en face. Le genre de type avec lequel je n’irai jamais m’amuser. J’ai déjeuné avec lui une fois en tête-à-tête dans sa suite, je n’ai pas senti de danger, mais je n’ai pas compris pourquoi il tenait à me voir.

    Vous aviez instauré entre lui et vous une sorte de rapport de force ?

    D’une façon naturelle, oui, sans préméditation.

    Ce que vous dites semble signifier que les actrices qui aujourd’hui l’accusent s’exposent à ce qu’on leur dise : « Vous n’avez pas été suffisamment clairvoyantes… »

    Chaque situation est différente, ce serait dangereux de généraliser. Mais face à la corpulence d’Harvey, face à son énergie, sa voix, son débit, face aux mots qu’il utilise, à ses croyances, en s’approchant d’un tel pouvoir, il faut savoir où on met les pieds et éveiller son intelligence à ne pas se faire piéger. Si tu veux faire ce métier, c’est que quelque chose en toi te pousse à le faire, qui va au-delà de toi-même, au-delà du désir de ton besoin de pouvoir. Et c’est là que tu dois te poser la question essentielle : pourquoi suis-je là ? Qu’est-ce que je cherche ? Qu’est-ce que je veux ?

    J’ai connu un acteur qui m’appelait au milieu de la nuit, venait sans prévenir chez moi, bref, il essayait de m’avoir. Une fois je l’ai foutu à la porte. Une autre fois, devant le maquilleur et coiffeur, je lui ai demandé pourquoi il m’avait appelé en pleine nuit. Il a fini par arrêter.

    J’ai été élevée par une mère qui avait un sens de la force individuelle. Au fond de moi, j’aime être femme, mais je me sens aussi bien homme que femme. La force n’a pas de sexe. La force a pour force son individualité.

    En vous écoutant, on se dit que le métier d’actrice n’est pas à mettre entre toutes les mains…

    Mais absolument ! L’acteur doit voir, observer, jauger, renifler, esquiver, se protéger, mais au moment essentiel de son métier, c’est-à-dire devant la caméra ou sur une scène, se donner corps et âme ! Encore une fois, si l’on va y chercher un petit pouvoir personnel, on fait fausse route. Mais il existe un autre pouvoir, celui qui est au-delà de sa volonté et de ses propres désirs, mais qui passe par une descente en soi, et c’est cet autre pouvoir qui est passionnant, car il conduit à l’œuvre et à ce qui s’œuvre en soi.

    Comment cela s’apprend-il ?

    Par l’épreuve ! On passe par l’épreuve pour faire ses preuves ! Et on se débrouille dans l’épreuve. On parle, on lit. On cherche. On se confronte. On tombe. On change d’attitude. On est perdu. On s’éveille à l’épreuve. L’humour compte beaucoup. Et puis lâcher, lâcher les attentes, les peurs, les espérances de conquête, de satisfaction. Il y a une mise à mort intérieure dans l’épreuve. Un retournement. On n’est pas là pour se servir.

    Mais on ne dénonce pas ?

    Il y a longtemps, dans un entretien au magazine Première, j’avais donné le nom du réalisateur qui avait essayé de m’embrasser et que j’avais repoussé à 18 ans. A la suite de quoi, il m’avait écrit une lettre me demandant de dénoncer ce que j’avais déclaré dans ce magazine. Ce que je n’ai évidemment pas fait. Le producteur qui s’est jeté sur moi, je n’ai jamais donné son nom dans la presse. J’avais le choix entre taire son nom ou, au contraire, le poursuivre en entamant une procédure. Mais je ne pense pas qu’il faille se servir de la presse pour instruire un procès.

    La perception du féminin est une force mystérieuse qui peut faire peur, et qui peut conduire les hommes au désir de la contrôler, de l’objectiver, de s’en emparer. Sans parler de la jalousie que peut susciter la femme, car elle peut enfanter. Mais on parle très peu de cet aspect-là. La femme est facilement moquée, imitée, ridiculisée, on a besoin de la diminuer.

    Emma Thompson parle d’une crise de la masculinité…

    En effet, parce que notre côté masculin ne descend pas facilement de son orgueil, il veut garder bonne figure, se protéger de la peur avec la vanité pour bouclier, garder son désir de puissance absolue pour se tenir droit. Donald Trump en est la plus récente stature symbolique, enfermé dans sa croyance la plus primaire. Il n’a pas conscience de son indécence. C’est une attitude que l’on peut trouver chez les femmes bien sûr, car les femmes comme les hommes doivent transformer leur désir de pouvoir, de possession et de jouissance.

    Lire aussi :   Cinéma : la chute d’Harvey Weinstein

    Laisser tomber le masque de l’orgueil, c’est plonger dans ce que l’on ressent, chercher ce qu’il y a derrière, laisser ses émotions s’exprimer, en acceptant qu’elles ne sont pas forcément jolies, sans s’identifier à elles, elles nous indiquent où nous en sommes, car elles passent, les émotions, elles ne sont pas un but, mais une aide et, à un moment donné, elles nous quittent d’elles-mêmes, on n’a plus besoin d’elles, elles ne nous font plus peur, mais parfois, elles s’attachent rudement, car comme on peut être changé en un éclair, dans un élan fulgurant, il faut aussi parfois un temps infini pour que le fond de l’être soit épuisé par ses pulsions primaires pour vivre enfin une autre perception de nous-mêmes.

    Cela fait des millénaires que le masculin essaye de dominer le féminin, des millénaires que le féminin n’est pas à sa juste place, il attend patiemment que le masculin se rende, abdique ses croyances de supériorité physique, créatrice ou intellectuelle. Le pouvoir n’est pas là où l’on croit. Le féminin et le masculin ne sont pas égaux, ils se complètent. Mais cela va sans dire que les hommes et les femmes doivent avoir les mêmes droits.

    Pour en revenir à Harvey Weinstein, pensez-vous que si l’on s’en prend à lui aujourd’hui, c’est aussi parce qu’il est plus facile de s’en prendre à un homme dont le pouvoir est déclinant ?

    C’est possible. Je l’ai croisé à Cannes au printemps dernier, et je l’ai senti en décalage. C’est un homme que j’ai connu dans différentes situations. Une fois, je l’ai vu pleurer parce qu’il se sentait honteux, mais je l’ai vu aussi généreux, et également menteur. C’est un être complexe et tout aussi bizarrement attachant. Mais je savais aussi très bien quelle bête il y avait en lui.

    Certaines actrices disent s’être rendues dans sa chambre d’hôtel. Un refus, expliquait leur entourage, risquait de compromettre leur carrière…

    Il y a peut-être des actrices qui sont plus influençables et moins préparées aux situations avec les gens de pouvoir, surtout quand on débute. Mais ce genre d’argument ne m’a jamais convaincu, peut-être parce que j’ai appris tôt à être responsable. Je n’ai jamais mis la parole de mon agent avant la mienne. J’écoute, mais je n’obéis pas. Sinon, c’est comme s’approcher d’un volcan. Si tu veux t’approcher du volcan, tu peux le faire, mais tu te brûleras, immanquablement.

    Et y a-t-il beaucoup de volcans dans le cinéma ?

    Il y en a. Je précise que ça m’est arrivé de ne pas être prise dans des films parce que je n’avais pas répondu aux coups de genou sous la table, parce que je n’ai pas appelé le numéro de portable qu’on m’avait donné après avoir répété. J’ai raté quelques films comme ça.

    Toutes les actrices n’ont pas votre expérience, votre capacité à résister…

    C’est un métier dangereux. C’est pourquoi l’intuition est primordiale, ce n’est pas la tête qui doit opérer, c’est l’intuition. Et se poser les vraies questions qui authentifient votre parcours.

    Depuis plusieurs jours, des milliers de femmes s’expriment sur Twitter par le biais du hashtag #balancetonporc. Que pensez-vous de cette prise de parole aussi massive que subite ?

    Si cela peut aider à changer les consciences, pourquoi pas ? Aujourd’hui, de nombreuses personnes profitent de ce moment pour s’ouvrir, se délivrer d’un non-dit, peut-être que cela finira par réveiller les consciences !

    Dans cette affaire Weinstein, ce sont des femmes qui prennent la parole. Très peu d’hommes le font. Selon vous, existe-t-il une forme de complicité masculine ?

    Tout d’abord, je pense que certains hommes ont été soumis à des situations similaires, soit avec des hommes ou même avec des femmes… Mais il est vrai que sur les plateaux de tournage, américains en particulier, c’est la force masculine qui domine. Aux Etats-Unis, à de très rares exceptions près, le pouvoir du final cut appartient aux producteurs.

    En Europe, et tout particulièrement en France, la loi protège l’auteur, le final cut est un droit du metteur en scène, et de ce fait, la relation entre le metteur en scène et l’actrice est beaucoup plus forte qu’aux Etats-Unis. J’en ai parlé un jour avec Martin Scorsese : « Mais pourquoi ne consacres-tu pas un film à un personnage de femme ? » J’ai posé la même question à Steven Spielberg qui m’a assuré en avoir tourné un dans les années 1960. Personne ne s’en souvient.

    Lire aussi :   Harcèlement sexuel, tous menteurs ou muets ?

    Le cinéma américain d’aujourd’hui est un cinéma du désir de puissance et de pouvoir, et, malheureusement, qui fait des petits un peu partout dans le monde. Le cinéma américain et son esprit dominent le monde.

    Diriez-vous que le cinéma américain est misogyne ?

    Non, je dirais qu’il est dans la crainte du féminin, ce qui est un peu différent. Tant que le masculin n’aura pas le courage de vivre ses émotions entièrement, sans penser que c’est un truc de bonne femme, tant qu’il n’aura pas connaissance de sa vulnérabilité, de sa précarité, de sa délicatesse, on sera toujours dans le même système enfermant et enfermé. Le masculin doit sortir de son côté animal pour aller vers son humanité. C’est une écoute différente, une vision autre. Le chemin, c’est le féminin, c’est une force qui doit descendre en lui. Il doit se laisser gagner, comme une bête après avoir trop couru. Il a le choix. C’est en perdant qu’il gagne.


    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/10/23/juliette-binoche-deux-ou-trois-choses-que-je-sais-d-harvey-weinstein_5204584_3232.html#L01KwVYGvqSJkuUm.99