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Il fait froid. 2016.

J'ai discuté avec S. J'étais anormalement fatiguée.

Je suis allée au yoga. C'était un jeudi soir. Je ne me souviens pas de cette partie là (le yoga).

Dans la journée, que j'avais passé "anormalement fatiguée" sur mon clic clac pendant que Pierrot le Fou était au travail, j'avais consulté mes messages filtrés. Et j'avais répondu à un message qui datait de Février. On était en Avril. Comme je voulais appeler ma mère le lendemain et voir avec elle pour quand aller la voir, c'était parfait, j'ai répondu à la personne en lui disant "je lui demanderai à l'occasion" (c'était une question au sujet de quelque chose que ma mère avait vécu).

Le soir, j'ai froid. Pierrot le fou ne me regarde pas. Il fait griller des poivrons.

Vitre du four qui explose.

Je veux appeler ma maman dans un réflexe de "maman c'est horrible la vitre du four a explosé toute seule!".

Mais je ne le fais pas car il est tard, et elle doit être fatiguée, avoir besoin de se reposer. 

Je lui raconterai demain. D'autant plus que je viens enfin de passer ma première journée avec zéro cigarettes, quand je tenais depuis une poignée de semaines à une ou deux par jour. Une petite victoire surprise dont je voulais lui faire part, ne serait-ce que pour entendre son sourire à cette annonce. Et lui dire que j'avais fini par tenir mon engagement.

Pierrot le fou a eu l'air agacé que je sois scandalisée par cette vitre de four qui explose.

Il était pieds nus au milieu des bouts de verre, je lui avais glissé mes birkenstok sous les pieds pour qui sorte de là sans se blesser. Pas un remerciement. Enfin pas le souvenir. Plutôt qu'il était agacé.

On dort.

Il part au travail.

Je me lève plus tard, j'ai plusieurs appels de l'hôpital qui datent de 8h du matin. Le médecin, l'assistante sociale.

D'habitude c'est moi qui les appelais et avais du mal à les joindre.

Je me dit qu'il y a du avoir une complication, quelque chose de nouveau, un imprévu.

La médecin m'avait laissé un message: "je ne sais pas si vous êtes au courant de ce qu'il s'est passé cette nuit, pouvez-vous me rappeler d'urgence?".

J'allais me faire couler un café, mais je rappelle aussitôt.

"Votre maman est décédée cette nuit".

Elle avait froid, hier soir, l'infirmière lui a pris sa température et lui a rapporté une couverture.

Elle est repassé une demi heure après, et elle était morte.

Apparemment, c'est ma soeur qu'ils avaient appelé, vers minuit.

Ils ne m'avaient appelé le matin que parce qu'elle avait répondu qu'elle ne s'en occuperait pas.

Alors que ma maman avait rempli plusieurs fois le papier comme quoi j'étais la "personne de confiance". Donc la personne à prévenir, non?

Est-ce qu'ils ont essayé de la réanimer? Au téléphone, la médecin peut bien raconter ce qu'elle veut, je n'y étais pas. Donc "oui oui bien sûr".

C'est facile.

Mais pourquoi comment? On ne sait pas.

Bien. Vous êtes dans un hôpital, le lieu où vous êtes supposé être en sécurité en cas de problème de santé. Mais en fait vous pouvez mourir en moins d'une demi heure, entouré d'une équipe médicale, qui ne sait pas pourquoi. Normal quoi...

J'aurais du demander une autopsie.

J'aurais du appeler ma mère quand la vitre du four a explosé. Peut-être que je l'aurai réveillé. Peut-être que je serai tombée sur une infirmière qui serait allée dans sa chambre lui passer le combiné, et qui serait intervenu au bon moment, plus vite. Surtout, peut-être que j'aurais pu enfin lui parler et l'entendre au calme.

La dernière fois que j'avais pu l'avoir au téléphone au calme, et parler de sujets qui me tenaient à coeur avec elle, Pierrot le fou était rentré du travail. Je n'avais pas de pièce pour m'isoler. J'étais gênée. Pas d'intimité. Il fallait absolument que je réponde à Pierrot le fou qui semblait ne pas vouloir bouger tant que je ne répondais "bonjour mon chéri" avec un grand sourire de potiche digne d'une pub Ricorée. Sauf que j'étais en train de pleurer et j'étais au téléphone avec ma maman.

Pierrot le fou, sa grand mère est morte deux mois après (il était déjà parti de la maison). Il avait eu le temps d'aller la voir. A 91 ans, et avec un médecin dans la famille, c'est plus facilement anticipable. 

Dans un de ses derniers mails, il semble encore m'en vouloir de "l'avoir fait culpabiliser d'être allé au chevet de sa grand-mère". 

Sauf qu'il a culpabilisé tout seul.

Mais visiblement je suis une sorcière manipulatrice qui l'a torturé, lui ai fait du chantage, etc...

Je tombe des nues.

Comment est-ce possible qu'il ait pensé ça de moi? 

 

 

 

 

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